Aujourd'hui, elles sont là. Et rien ne va. Elles, toutes les trois. Et elles détestent à n'en plus finir. Dans trois c½urs différents, règnent de ces sentiments abusifs dont elles n'ont le contrôle. Vous y arrivez, vous, à sortir le meilleur de chaque souffle haletant ? Alors ne haussez pas les sourcils. Les rides sur le front, c'est moche. Un même fait peut engendrer autant de sentiments différents que d'individus pour le ressentir. L'une enfermée dans le pathétique de sa tête, la seconde se persuade faussement du bonheur éphémère, et la dernière, elle rit méchamment du monde. Trois belles dispersants leurs sentiments dans le monde et dans leurs corps de façons distinctes. Elles souffrent, elles détestent, elles haïssent, elles pleurent, elles sont en colère, elles mordent, et elles se cachent. Elles se cachent de leurs peines. Se cachent à qui ? Au monde. Toutes chacune de leur côté, pas sincères entre elles.
Ce qu'elles ne voient pas, c'est qu'elles sont belles, orgueilleuses, et unies. Il est à savoir premièrement que, séparées, elles se cherchent, et secondement, qu'ensembles, elles sont une force.
I/ Elles sont
Pour être, il suffit de se manifester au travers du monde. Dire « Salut, je suis ici » et entendre les autres rétorquer « Salut, elle est là ! ». Alors, par la reconnaissance de l'autre, on sait que l'on existe. Que l'on existe pour sois, et pour les autres. Car si nous ne sommes rien sans les autres, les autres ne sont rien sans nous.
A/ Elles sont, chacune de leur coté.
Le monde, il sait qu'elles existent. Elles sont de celles que l'on garde dans un coin de la tête. Dont les paroles massacrent parfois le sourire que l'on aurait pu porter au bout des lèvres. Mais poignantes. Touchantes. Emouvantes. Impressionnantes. Et parfois, plus inutiles qu'autres chose. Chacune de leur coté, elles se perdent entre essayer d'aimer, ou détester leur condition ouvertement. Elles craignent, elles ont peur des évènements, des faits. Pour vaincre et errer enfin au-delà de cette crainte, elles ont besoin des paroles, de la voix, de l'odeur, du toucher des autres.
B/ Chacune de leur coté, elles se cherchent.
Chacune de leur coté, elles se cherchent. Ne jamais cesser de penser, de regretter, volonté de créer des souvenirs. S'attacher à manifester l'amour les unes envers les autres. Peur, crainte, seules isolées. Des « et si » qui règnent impunément. L'attente d'une réunion, patiente. Le Monde, c'est sa faute si elles en sont là. Il les empêche d'accomplir ce que le c½ur leur dicte. Elles lui sont soumises.
II/ Elles voudraient être.
Tout serait toujours plus facile dans l'admission d'un « si ». Mais la réalité est de telle, il n'y a pas de si. Et le si, c'est les deux autres qui leur manque. Pour pouvoir être quelques jours par an, il faut accepter de paraitre le reste de l'année. Et, avec le plus d'obstinance possible.
A/ Essayer d'être
A défaut d'être, elles paraissent. Sourire face au monde. Gentillesses, et puis un peu moins. Parfois. De ci, de là. Crier, pleurer. C'est être après tout ca aussi. Mais ce n'est pas que cela. Pour être comblées du fait d'êtres, elles ont besoin chacun des deux autres. Le reste du temps, ce long temps, bien trop long temps, elles déjouent les pièges du Monde tentant à les faire craquer. S'obstiner à demeurer droite, à sourire pour une politesse, à rire aux éclats lorsqu'on ne pourrait que rire simplement, à offrir son épaule supportant déjà une bien lourde tête. Et puis le monde s'envole alors, tout ne devient qu'impalpabilité. Un voile se dépose, le temps de l'union arrive.
B/ Ensembles, une grande force
Peur, crainte, mais, enfin, elles affrontent, à trois. Elles sont alors capables d'accomplir ce que quoi elles en auraient été incapables auparavant. Le monde, il ne leur fait plus peur. S'il leur fait peur, c'est dans le souvenir de celui-ci, ou dans son avenir. Pour conclure, si avoir peur c'est être dans le passé ou l'avenir, ou le présent si espacées les unes des autres, et si être porte en sa signification le présent, alors c'est parce, réunies, elles aiment enfin. A n'en plus finir, et rien ne s'avoue, à leurs yeux plus puissant.
Marcher dans le désert et sa chaleur. Lorsque les genoux tremblent, qui dicte nos pas?


